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Le Club : Il y a deux périodes dans votre carrière d'écrivain
: les grandes sagas familiales qui ont donné lieu à des feuilletons
à succès, puis des romans policiers avec un arrière-plan religieux.
Comment expliquez-vous ce virage?
S. H. : C'est toute mon histoire personnelle. J'écris
depuis mon plus jeune âge, mais sur les conseils de ma mère, qui
craignait pour mon avenir, j'ai suivi des cours de droit. Je suis
partie pour New York où j'ai trouvé un simple emploi de secrétaire.
Puis tout est allé très vite, trop vite ! Beaucoup de succès aves
mes sagas, un mari, une fille. Beaucoup de bonheur et beaucoup d'argent.
A l'époque, je roulais en Porsche, je voyageais en Concorde et je
m'abreuvais de champagne ! Puis mon mariage s'est soldé par un échec
et, pire encore, ma fille alors âgée de treize ans a décidé de vivre
avec son père. Je me suis réveillée un matin en pensant que ma vie
était un véritable désastre. Que pouvais-je faire? Je suis allée
dans une bibliothèque et j'ai épluché toute la cote D, pour Dieu.
Cela a été pour moi le début d'une nouvelle existence.
Le Club : Est-il difficile
d'écrire un thriller sur la spiritualité comme votre dernier roman,
Passion noire?
S. H. : On a essayé de me décourager. Mais, désormais, mes
livres sont étudiés dans les séminaires catholiques, aux Etats-Unis
! Je connais bien l'Eglise de l'intérieur. On ne mesure pas assez
les difficultés que rencontrent les prêtres, nombre d'entre eux
succombent à des dépressions nerveuses. La vie spirituelle fait
aussi côtoyer des précipices et Passion noire montre la force
des sectes et leur puissance de manipulation.
Le Club : Il y a cependant
beaucoup d'humour dans votre roman.
S. H. : Oui! Mon héroïne ressemble, je l'espère,
à celles d'Hitchcock : elle est belle, sûre d'elle, elle a programmé
toute son existence, mais le " film " ne sera pas du tout ce qu'elle
avait imaginé... C'est aussi pour cette raison que l'action se déroule
sous les années Thatcher : on croyait, bien naïvement, que le succès
était une réponse à tout!
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